mercredi 24 octobre 2012

La pièce: FRANKENSTEIN



Frankenstein, Mise en scène de Danny Boyle
 Avec Benedict Cumberbatch et Jonny Lee Miller

La pièce commence par la naissance de la créature…elle est seule, dans une sorte de placenta artificiel (qui rappelle sa condition humaine), déjà délaissée par son créateur. Pendant 5min, on assiste à ses difficultés à se mettre debout, à se mouvoir. Tel un enfant, il doit apprendre à marcher, à faire bouger son corps. Jonny Lee Miller montre d’or et déjà son potentiel dans cette scène ; dans la maîtrise parfaite des gestes, gestes désespérés ressemblant à ceux d’un nouveau né.  Dans une interview, Jonny Lee Miller disait d’ailleurs qu’il s’était inspiré de son propre  fils pour jouer la créature.  L’euphorie de la naissance laisse place au désespoir et à la colère quand son créateur, le Docteur Frankenstein, le découvre vivant puis l’abandonne en lui disant qu’il n’est qu’un monstre.
La créature est rejetée par les gens de la ville, maltraitée, battue. Elle s’enfuit et trouve refuge dans une forêt où elle rencontre un vieil homme, aveugle, qui va le prendre en amitié et l’instruire. Il va lui apprendre à parler, à lire, à penser et à exprimer ses sentiments. Ce vieil homme, vivant avec son fils et sa belle-fille, décide de présenter son ami à ces derniers. Mais ceux-là ne voient que le monstre qu’il est, à l’allure repoussante.
Encore une fois, la créature est rejetée et décide d’aller à la rencontre de son créateur pour se venger de lui, car il est le seul responsable de misérable existence. Il tue le frère de Frankenstein puis décide de lui demander de lui créer une compagne afin de se sentir moins seul. Frankenstein refuse dans un premier temps puis décide d’exaucer le vœu de sa créature et surtout réitérer l’exploit de créer un être humain, d’être comme Dieu sur Terre. C’est donc l’égo et l’égoïsme de Frankenstein qui le conduit à créer à nouveau un monstre de chair et de sang.
Loin de la ville, le Docteur va créer la compagne du monstre mais, au moment de lui donner la vie, décide de la tuer devant la créature afin de se venger de la mort de son jeune frère. La créature, brisée, entre dans une rage folle et décide de poursuivre son créateur et de le faire souffrir. Il finira par tuer la jeune épouse du docteur Frankenstein, lors de la nuit de noces.
Benedict Cumberbatch est tout simplement sublime lors de cette scène. Son âme est brisée et le comédien parvient à nous faire parvenir cette émotion grâce à son regard déchirant.
La pièce se termine dans la montagne, où la créature se laisse poursuivre par son créateur. Tout deux ne vivent désormais plus que l’un pour l’autre. Frankenstein se voit condamner à une errance et à un désir de vengeance sans fin engendrés par son égo démesuré.
Le Prométhée moderne est lui aussi puni par Dieu : il a tout perdu…

Cette pièce est interprétée de façon magistrale par les acteurs. Le décor est somptueux : la scène du théâtre, circulaire, proche du public et pouvant être actionnée est géniale ; permettant une mise en scène sans temps morts. La lumière est également importante dans la mise en scène tout comme la musique. On aura remarqué la touche steampunk au début de la pièce quand la créature arrive en ville. En effet, le spectateur voit arriver sur la scène un char fait de rouages, dégageant de la fumée et conduit par des hommes mystérieux à lunettes.

Il n'y a rien d'étonnant à ce que cette pièce est fait salle comble à Londres. On passe un excellent moment et on est bluffé par la mise en scène et les acteurs. A voir!

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